Ce qui circule entre nous

Un objet lancé, une main tendue, un regard échangé. Dans notre salle d’activités à Bondy et dans nos ateliers, chaque jour de la semaine, ces gestes-là se répètent. Simples. Essentiels. Ils forment une petite économie du vivant :
Donner, recevoir, relancer.
Ne rien garder, ne rien bloquer.
Faire circuler.

Ailleurs, très loin de nos murs, le monde semble fonctionner à l’inverse. On accumule, on retient, on bâtit des empires sur des logiques de stockage et de contrôle. Les flux se grippent, les énergies stagnent. Entre alliés et ennemis, bien et mal, les frontières se troublent et confondent ce qui paraissait clair. Nos repères culturels et politiques s’effritent.
Qui domine qui ? Qui protège quoi ? Les questions se multiplient, les réponses se raréfient.

Et pourtant. Dans cette grande confusion, il y a ces cercles de proximité et de chaleur qui persistent. Ces espaces où l’on se retrouve en vrai, où l’on respire ensemble, où quelque chose passe de l’un à l’autre sans calcul ni rétention. Des moments qui paraissent insignifiants vus du ciel des grandes crises, mais qui tissent au ras du sol la continuité de nos vies.

Formuler des vœux, finalement, c’est participer à cette circulation. C’est refuser que l’énergie se fige dans la peur ou l’isolement. C’est maintenir ouvert ce qui pourrait se fermer. À la Maison des Jonglages, nous croyons que ces petits rituels d’attachement — dire « bonne année», « bon spectacle », « bon atelier » ou encore « on se retrouve après pour discuter »,— ne sont pas des échappatoires face au chaos du monde. Ils sont notre manière d’y faire face, concrètement, collectivement.

Nous vous souhaitons une très belle année 2026, riche de tout ce qui circule et nous relie !

L’équipe de la Maison des Jonglages